Exception religieuse :
Drummondville, le 2 décembre 2025 — Le député de Drummond, Martin Champoux, et le porte-parole du Bloc Québécois en matière de Justice, Rhéal Éloi Fortin, se réjouissent que le parti ait convaincu le gouvernement d’appuyer son amendement visant à abolir l’exception religieuse dans le Code criminel qui permettait les discours haineux sous couvert de la foi.
« Un discours qui fomente la haine est un acte criminel, peu importe qu’il soit prononcé sous couvert de religion ou non. La liberté de religion n’est pas et ne sera jamais une excuse pour mettre en danger autrui ou inciter à la violence. Depuis des années, nous travaillons pour que cette évidence soit reconnue et pour colmater enfin cette faille dans le Code criminel, une demande qui a aussi fait l’objet d’une motion unanime de l’Assemblée nationale en décembre 2024. Nous faisons aujourd’hui un pas en avant en faisant reconnaître au gouvernement l’urgence de la situation. Nous espérons que les autres partis suivront pour que cette brèche dans la loi soit rapidement corrigée afin d’assurer la sécurité de chacun. La foi ne devrait jamais justifier la haine », a déclaré le député Champoux.
L’amendement du Bloc Québécois vise à abolir la section du Code criminel indiquant que nul ne peut être déclaré coupable de fomenter volontairement la haine contre un groupe identifiable, s’il a « exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit ».
« Depuis quelques années, on ne manque pas d’exemples où cette faille dans la loi a entravé la justice. On se rappellera notamment la déclaration d’Adil Charkaoui en octobre 2023 qui, au cours d’une prière lors d’une manifestation à Montréal, avait clamé qu’il fallait “recenser et exterminer” tous les “ennemis du peuple de Gaza”. Le directeur des poursuites criminelles et pénales avait alors estimé qu’il n’y avait pas matière à accusation “au sens de la disposition du Code criminel”. Notre amendement obligera le gouvernement à agir pour contrer de tels propos haineux, en hausse depuis le début du conflit au Moyen-Orient, et contribuera du même coup à assurer une plus grande neutralité religieuse de l’État. Il est plus que temps d’agir. Ces discours haineux n’ont pas leur place dans la société québécoise », a conclu Martin Champoux.